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Takchita émeraude brodée d'or avec mdamma dorée et boucles chandelier, sans collier

L’accord juste entre bijoux et takchita pour une tenue riche sans surcharge

Sommaire

Une takchita arrive déjà parée : la sfifa en fil d’or longe l’ouverture, une rangée de 20 à 40 aâkad ferme la dfina et la mdamma serre la taille sur 6 à 12 cm de métal ou de broderie. Les bijoux adaptés à une takchita se choisissent donc en comptant la ceinture comme premier bijou, puis en ajoutant une seule pièce forte et une pièce discrète au plus. Ce repère des trois zones lumineuses, appliqué à l’encolure, à la couleur, au tissu et à l’occasion, donne une tenue riche que personne ne trouve chargée.

Pourquoi la takchita compte déjà comme une parure

La takchita se porte en deux pièces : la tahtiya, robe du dessous en tissu fin, et la dfina (ou mansouria quand elle est transparente), pièce du dessus brodée, perlée ou pailletée. Trois éléments y brillent avant le premier bijou. La sfifa est un galon tissé main, souvent en sqalli (fil d’or) ; les aâkad sont des boutons sphériques de soie ou de fil métallique. La mdamma, enfin, est une ceinture que les grandes familles portaient autrefois en or massif ou en argent.

Le compte se fait en zones lumineuses : la taille, le cou, les oreilles, les poignets, la coiffure. Une invitée en occupe 3 au maximum, mdamma comprise ; une mariée en berza monte à 4 parce que le taj ou le diadème ajoute la coiffure. Au-delà, l’œil ne sait plus où se poser et la broderie, qui a demandé 100 à 300 heures de travail sur une belle dfina, disparaît sous le métal.

Le piège le plus courant : traiter la mdamma comme un accessoire de couture. Une ceinture dorée de 10 cm pèse visuellement autant qu’un collier plastron ; ajouter les deux plus des boucles chandelier, c’est déjà 3 pièces fortes, soit deux de trop.

Quel point focal choisir selon l’encolure de la takchita

La mdamma posée, la deuxième zone se décide à l’encolure. Une seule pièce maîtresse : le cou, les oreilles ou les poignets, jamais deux à la fois. L’encolure dit laquelle laisse respirer la sfifa.

Encolure de la dfina Pièce maîtresse Pièce discrète possible À laisser au coffret
Ronde fermée par les aâkad Boucles longues 5 à 8 cm Bague à une pierre Tout collier au-dessus de la sfifa
Col mandarin ou col montant Boucles chandelier ou ras-du-cou fin posé au-dessus du col Khamsa fine sous le col Plastron, sautoir
En V ou ouverte Collier plastron (khnag) ou collier à médaillon Clous ou petites créoles 1 à 2 cm Bracelets, boucles longues
Décolleté plongeant Sautoir 60 à 80 cm Clous perle Ras-du-cou, plastron
Bateau ou épaules dégagées Boucles chandelier Manchette fine Collier, qui coupe la ligne

Les poignets ne deviennent la pièce maîtresse que sur une manche 3/4 ou courte : une manchette de 3 à 5 cm, seule, à un seul bras. Les manches longues et évasées de la takchita classique couvrent les bracelets à chaque geste ; le demlig se réserve alors aux tenues de henné ou aux takchitas modernes à manches étroites.

Quels métaux et quelles pierres selon la couleur de la takchita

Le métal suit le fil de la broderie, pas la couleur du tissu : une takchita bleu nuit brodée de sqalli doré appelle l’or jaune, la même brodée de fil argenté appelle l’or blanc ou l’argent. La couleur du tissu décide ensuite des pierres.

Couleur de la takchita Métal Pierres et matières qui répondent À éviter
Blanc, ivoire, pastel Or jaune ou or rose Perle blanche, perle ivoire, diamant ou zircon Pierres très saturées en grand nombre
Doré, champagne Or jaune Perles ivoire, ambre, topaze Argent, qui se lit comme une erreur
Vert émeraude, rouge, bordeaux (style N’taâ de Fès) Or jaune Émeraude, rubis, grenat, perles Pierres de la couleur exacte du velours, qui s’y perdent
Noir, bleu nuit Or jaune, or blanc si broderie argentée Une pierre lumineuse : saphir clair, perle, diamant Métal sombre, hématite
Turquoise, bleu ciel, gris Or blanc ou argent Perle, aigue-marine, cristal Or jaune massif qui jaunit le tissu
Marron, terracotta, ocre Or jaune Ambre, corail, grenat Argent poli froid
Multicolore très brodée Celui du fil dominant Perle seule ou aucune pierre Pierres de couleur supplémentaires

Sur une takchita blanche à broderie dorée, le métal est déjà donné par la tenue. L’or jaune et la perle ivoire prolongent la sfifa, comme sur ce caftan marocain blanc doré dont les galons fixent la teinte de toute la parure. L’erreur inverse, de l’or blanc sur un tissu ivoire brodé d’or, donne deux blancs et deux métaux qui se contredisent à 1 mètre de distance.

Les bijoux régionaux suivent leur propre logique : l’ambre et le corail de Tiznit, l’argent massif du Rif, les fibules émaillées de l’Anti-Atlas, présentés à l’Institut du Monde Arabe, se marient avec une takchita unie ou tissée simplement. Sur une dfina brodée de sqalli, ils entrent en conflit avec l’or des galons.

Takchita très brodée ou takchita sobre : bijoux discrets ou affirmés ?

Les conseils se contredisent : certains recommandent des bijoux exubérants sur une tenue haute couture, d’autres des bijoux discrets. Les deux ont raison, sur deux takchitas différentes. Le critère est la part de la dfina couverte de broderie.

Deux takchitas sur mannequins, une très brodée aux bijoux discrets, une unie au plastron doré
Plus la dfina est brodée, plus les bijoux s'effacent ; sur un tissu uni, la parure prend le relais.
  • Plus de la moitié de la dfina brodée, perlée ou pailletée : la tenue est la pièce forte. Mdamma assortie, boucles à tige fine avec une perle ou une pierre, une bague. Aucun collier si la broderie remonte jusqu’au col.
  • Broderie limitée à la sfifa, aux manches et à l’ourlet : une pièce forte s’ajoute, plastron ou chandeliers selon l’encolure, avec une mdamma plus sobre.
  • Tissu uni, coupe épurée : c’est le seul cas où la parure porte la tenue. Mdamma bijou en métal, collier marqué, boucles moyennes.

Le premier cas correspond aux pièces travaillées comme un caftan marocain avec perlage, où chaque bijou ajouté entre en concurrence avec les perles cousues.

Le troisième vaut pour un caftan marocain simple : la toile neutre accepte un plastron, des chandeliers de 6 cm ou une mdamma en filigrane, à condition de garder la règle des 3 zones.

Mdamma, collier et mansouria : équilibrer la taille et le tissu fin

La mdamma fixe le niveau de toute la parure. Une ceinture large en métal, de 8 à 12 cm, occupe déjà la place d’une pièce forte : le reste descend d’un cran, boucles fines et pas de plastron. Une ceinture brodée en tissu assortie à la dfina, de 5 à 7 cm, laisse la place à un collier marqué.

Collier plastron en filigrane doré et mdamma assortie sur takchita ivoire en organza
Plastron et mdamma ne cohabitent que du même or et du même motif, en filigrane léger sur l'organza.

Le plastron et la mdamma métallique se répondent quand ils sortent du même atelier ou du même métal, et c’est l’un des rares cas où deux pièces fortes cohabitent : mêmes motifs, même or, rien aux poignets, des clous aux oreilles. Les modèles vendus avec leur ceinture, comme ce caftan marocain ceinture, règlent la question à l’avance : on part de la boucle de ceinture pour choisir le métal et la forme du collier.

La mansouria pose un problème de matière que les guides de caftan ignorent. Un collier plastron pèse de 80 à 200 g ; au-delà de 100 g, il tire sur une mousseline ou une organza, déforme l’encolure et marque le tissu au bout de 2 heures de danse. Sur ces tissus transparents, choisir un collier creux ou en filigrane et fermer le fermoir au-dessus de la sfifa, non sur le voile. Oublier aussi les broches et les khallat (fibules), dont l’aiguille de 1 à 2 mm laisse un trou visible dans un tissage aussi fin.

Mariée, invitée, henné : quelle parure pour quelle occasion

L’occasion décide du nombre de zones, pas seulement du style. La mariée marocaine change de tenue 3 à 7 fois dans la soirée, souvent avec une neggafa qui apporte taj, khnag et mdamma assortis à chaque passage. L’invitée, elle, porte une seule tenue toute la nuit et ne doit jamais rivaliser avec la parure de la mariée.

Occasion Zones lumineuses Parure type
Mariée, berza en takchita de cérémonie 4 Taj ou diadème, khnag, mdamma or, fnarat longues
Mariée, changements du soir 3 Mdamma de la tenue, boucles chandelier, une bague
Invitée au mariage 2 à 3 Mdamma, boucles fines ou manchette seule, une bague
Henné 2 Ceinture, demlig ou bracelets fins, khatem à une pierre, mains libres pour le henné
Sbouhi, fiançailles, Aïd 2 Mdamma tissu, clous perle ou khamsa fine sous le col

Pour la mariée qui achète sa tenue de cérémonie, un caftan marocain de mariage choisi avec une broderie dense laisse au taj et au khnag le rôle principal. Les tenues du soir, plus sobres, portent des pièces plus légères. Le jour du henné, les bagues se limitent à une pierre : les doigts tatoués de motifs sont déjà la parure.

Avec un voile, un taj ou un chignon : quelles boucles d’oreilles ?

Un foulard noué sur les oreilles impose des clous ou des créoles de 2 cm au plus : une chandelier accroche la soie et se décroche au premier mouvement. Le collier devient alors le point focal, ou une broche portée sur le voile et non sur la takchita. Avec un taj ou une coiffe haute, les boucles restent moyennes, 3 à 5 cm, pour que la tête ne cumule pas deux pièces fortes. Le chignon bas, à l’inverse, dégage le cou et donne leur meilleur cadre aux chandeliers de 6 à 9 cm.

Or 18 carats, plaqué or ou fantaisie : quelle matière choisir ?

La bijouterie marocaine travaille majoritairement l’or 18 carats, soit 750 millièmes d’or fin : c’est la matière des parures transmises et des bijoux de dot, qui restent la propriété de la femme. Pour une seule soirée ou une takchita louée, le plaqué or suffit. En France, l’appellation « plaqué or » exige une couche d’au moins 3 microns, quand un bijou simplement « doré » n’en porte souvent que 0,5 à 1 et noircit après quelques sorties.

Les bijoux fantaisie de location fournis par la neggafa ou loués en boutique couvrent l’essentiel des parures de mariée : taj, khnag et mdamma en laiton doré et strass. Deux contrôles avant de les porter 6 à 8 heures : un fermoir qui tient et la mention « sans nickel ». Le règlement européen REACH limite ce métal à 0,5 µg/cm² par semaine pour les pièces en contact prolongé avec la peau. Ambre, corail, turquoise et perles fines craignent le parfum et la laque : on se parfume 10 minutes avant de mettre les bijoux, jamais après.

Notre conseil : investir dans une seule pièce durable, la paire de boucles en or 18 carats ou la manchette, et louer le reste. Ces pièces suivent toutes les takchitas des années suivantes, alors qu’une mdamma ou un plastron restent liés à la couleur d’une tenue.

La check-list devant le miroir avant de partir

La dernière vérification prend 2 minutes, takchita fermée et mdamma serrée, à 2 mètres du miroir puis de profil.

  1. Compter les zones lumineuses : 3 au plus pour une invitée, mdamma comprise, 4 pour une mariée en berza.
  2. Vérifier qu’il y a une seule pièce forte, ou deux seulement si plastron et mdamma sont du même métal et du même motif.
  3. Contrôler que le métal des bijoux est celui du fil de la sfifa, pas celui qu’on préfère.
  4. Lever les bras et marcher 5 pas : un collier qui glisse sous le col ou une manchette cachée par la manche s’enlève.
  5. Regarder la mansouria au niveau du fermoir : si le tissu tire ou fronce, remplacer le collier par un modèle plus léger.
  6. Retirer une pièce en cas de doute : la tenue gagne presque toujours à l’avoir quittée.

Ce dernier geste est celui des neggafates expérimentées : la parure se juge à ce qu’on enlève, pas à ce qu’on ajoute. Les chaussures suivent la même règle de lumière, comme le détaille notre guide quelles chaussures porter avec un caftan.

Auteur/autrice de l’image

Je m’appelle Zahra, j’ai 28 ans et je suis la fondatrice de Caftan Scheherazade. 

Je suis né à Paris de parents Marocains, étant petite lors de nos vacances nous allions toujours au Maroc. J’ai toujours été proches de mes racines. J’ai développé une passion pour la culture Arabe et nos traditions.

J’ai don décidé de me lancer et créer cette boutique, afin de faire de ma passion, un travail.

Merci à nos lecteurs !
zahra fondatrice de asourd.fr

Je m’appelle Zahra, j’ai 28 ans et je suis la fondatrice de Caftan Scheherazade. 

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